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Soigner une phobie de la route avec l’EMDR
Soigner une phobie de la route avec l’EMDR : se reconstruire après un accident
Dans mon cabinet, j’accompagne régulièrement des personnes ayant vécu des événements soudains et traumatisants. Un accident de la route ne touche jamais une seule personne : il impacte le corps, l’émotionnel, la relation et parfois même le sentiment de sécurité intérieure.
Après un choc routier, il est fréquent de voir apparaître une peur intense de la route, une anxiété en voiture, voire une véritable phobie de la route. Certaines personnes n’osent plus traverser, conduire ou même monter dans un véhicule. Dans ces situations, soigner une phobie de la route avec l’EMDR peut constituer une approche particulièrement adaptée.
L’EMDR — Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires — est une méthode thérapeutique qui permet de retraiter les souvenirs traumatiques afin de retrouver calme, stabilité et confiance.
L’histoire de ce couple illustre la façon dont chacun peut être accompagné, qu’il ait été directement blessé ou témoin impuissant.
Un accident violent et deux vécus différents
Ce couple marchait ensemble lorsque, soudain, une voiture les a percutés. L’un a été blessé physiquement. L’autre, indemne, a pourtant été profondément bouleversé. Deux expériences, deux chocs, mais une même impression de perte de contrôle et de danger extrême.
La personne blessée gardait en mémoire :
- l’image du véhicule arrivant,
- le bruit de l’impact,
- la scène chaotique autour d’elle.
À cela s’ajoutaient des réactions corporelles persistantes : tension, sursauts au moindre bruit, appréhension à l’idée de se retrouver près d’une route.
Le conjoint témoin portait quant à lui :
- la vision de l’accident en direct,
- la peur d’être également percuté,
- l’angoisse de voir son partenaire mourir,
- le cri de l’autre, resté ancré comme une scène traumatique.
Rapidement, la route est devenue un espace perçu comme dangereux. Traverser, longer un trottoir, entendre un moteur suffisait à déclencher une montée d’angoisse. Ce type de réaction peut évoluer vers une phobie de la route si le souvenir traumatique reste “figé” dans le système nerveux.
Soigner la phobie de la route grâce à l’EMDR
Avec la personne blessée, nous avons travaillé en EMDR sur les images les plus intrusives : la scène, le bruit, la confusion, mais aussi la peur anticipatoire au moment de s’approcher d’une chaussée. Peu à peu, ces souvenirs ont perdu leur charge émotionnelle. Le corps a pu retrouver des repères plus apaisés et différencier le passé du présent.
Avec le conjoint témoin, l’EMDR a permis de traiter la peur d’avoir tout perdu, le choc visuel, la sensation de sidération et les images répétitives de la scène. Le travail a également ciblé l’anticipation anxieuse liée à la circulation. Progressivement, les flashs et les réactions d’alerte ont diminué.
Dans le cadre d’une phobie de la route, l’EMDR aide le cerveau à retraiter l’événement initial afin qu’il ne soit plus vécu comme une menace actuelle. Il ne s’agit pas d’effacer le souvenir, mais de le “digérer” émotionnellement pour restaurer un sentiment de sécurité.
Un chemin de reconstruction à deux
Au fil des séances, chacun a retrouvé plus de sérénité. La personne blessée a pu se reconnecter à son corps sans revivre l’accident. Le conjoint témoin a pu sortir de la peur permanente et retrouver une relation plus sécurisante à l’autre — mais aussi à l’environnement extérieur.
Ils ont progressivement pu se réapproprier l’espace routier : marcher près d’une route, entendre un moteur, circuler sans que l’angoisse ne prenne toute la place.
Cette expérience montre que le traumatisme routier touche toute la dynamique du couple, mais également que chacun peut guérir à son rythme. Soigner une phobie de la route avec l’EMDR permet de diminuer les réactions d’hypervigilance, d’apaiser les peurs et de retrouver une mobilité plus libre.
L’EMDR n’efface pas ce qui s’est passé, mais il libère la charge émotionnelle qui empêchait de retrouver une vie calme et stable. Se reconstruire est possible. Un accompagnement adapté peut redonner de l’air, de la sécurité et du lien — et permettre de reprendre la route avec plus de confiance.